à Marseille j'ai vu...

Publié le par marie philippe

 

À Marseille j'ai vu...
Une femme, une Égyptienne en statue qui s'appelle Nephtys et je l'ai trouvée très vivante et je me suis dit que je chercherai qui est Nephtys ce soir.
Une momie de chat, que les Égyptiens pèlerins achetaient aux prêtres qui les ensevelissaient par centaines de milliers dans les catacombes auprès des humains.
J'ai vu une main droite de momie avec deux bagues à l'auriculaire.
J'ai vu des tablettes d'écolier de l'époque romaine et je me suis dit que j'avais les même à l'école, avec le cadre en bois. J'aimais bien passer l'éponge humide et caoutchouteuse sur l'ardoise qui fonçait aussitôt et libérait une odeur de poudre.
J'ai retrouvé mon petit dieu Bès que j'adore mais qui n'est pas présentable avec tous ses phallus apotropaïques, j'ai aussi retrouvé ce mot que j'aime.
J'ai vu une poupée de fécondité, une petite femme rondelette qui a les mêmes culottes que moi mais pas la même coiffure du tout.
J'ai vu une corbeille qui datent de 2000 ans et je me suis dit que j'avais la même. Ça m'a fait plaisir.
J'ai vu un coffre à vêtements qui a 3000 ans et je me suis dit que j'aimerais que tous mes vêtements tiennent si peu de place.
Et je suis montée là-haut voir Notre Dame.
J'ai vu la ville à ses pieds.
La mer qui la borde.
Le vent blanchissait les flots. J'ai pensé à Ulysse.
Je suis entrée dans la basilique.
J'ai vu ses ex-voto de marins rescapés.
Ses coupoles dorées clinquantes et ses mobiles de bateaux.
Dans la crypte noircie par la fumée des cierges, dans un parfum d'encens, est-ce là que j'ai senti l'odeur de chez ma grand-mère ? J'ai fait une longue prière à notre bonne mère, la plus détaillée possible, comme mes vœux de bougies d'anniversaire, je détaille parce que je me suis rendu compte que les vœux se réalisent souvent mais tellement partiellement qu'ils sont dénaturés. Alors même si je ne suis pas croyante, dans l'ambiance j'ai allumé un cierge et détaillé un maximum ma prière pour lui faciliter la tâche à la Bonne mère. Et j'ai pensé que les Romains eux priaient la Grande mère, et je crois que c'est un peu pareil et j'ai senti que moi aussi je voulais bien croire, faire confiance à quelqu'un qui veille sur moi, à quelqu'un de puissant, quelqu'une de plus puissante que moi et il se trouve que c'est une femme.
J'ai vu aussi une peinture de Ruines du XVIIIe siècle que j'ai aimée, elle correspond à ma vision romantique des ruines, les pierres, la végétation et beaucoup de ciel, elle représente des bains antiques. Luxe calme et volupté. Je me suis dit dommage que mon hôtel n'ait pas de hammam.
Pour finir j'ai lu cette citation de Segalen, le voyageur poète et je l'ai trouvée parfaite :"Ne nous flattons pas d'assimiler les mœurs, les races, les nations, les autres: mais au contraire réjouissons-nous de ne le pouvoir jamais."

 

à Marseille j'ai vu...
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Publié dans mes textes courts

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