Feuilleton épisode 1 : Maïa, janvier, les oiseaux

Publié le par marie philippe joncheray

Brest. Le matin. Ambiance rude. Les éléments naturels, le vent, le ciel, l'air, tout est épais, humide, fort. La ville est grise, beaucoup de béton, au mieux du granit, la ville est en chantier, le bruit des engins partout, des crevasses, de la bouillasse. Le vent souffle. La végétation résiste, fouettée, brassée par le vent, s'enfle sous les rafales. On dirait qu'elle aime. Et c'est vrai que cette pression du vent sur le corps n'est pas désagréable. Il est là, compagnon de marche, je ne suis pas seule. Le ciel est là aussi, bien gris, agité mais relativement calme entre deux dépressions. La mer est grise aussi, fouettée et tenue en laisse par les rochers de la rade qui l'enserrent.

Nous sommes en janvier. Il ne fait pas très froid, juste sombre.

Notre personnage sort de sa maison. Tôt le matin. Le bonnet enfoncé sur la tête. Des cheveux rouges courent sur ses épaules, volent dans le vent. Un long manteau noir. Un panier à la main. Elle chemine dans les rues étroites, zigzague entre les flaques. Maintenant elle s'arrête, lève la tête. Elle a perçu l'agitation dans le ciel. Les cris des oiseaux. Il y a un parc pas loin, avec de grands arbres, des pins surtout, bien verts, bien épais. Des cimes qu'elle aperçoit les oiseaux commencent à s'élever, par nuées qui partent, qui reviennent, les nuées se croisent, se mêlent, se démêlent, dans un bruissement de cris et d'ailes vigoureuses. La colonie émerge et les groupes se forment peu à peu puis s'assemblent, s'agglutinent les uns aux autres, se préparent à partir chercher à manger hors de la ville. Et puis ils reviendront, elle espère, nicher dans ce parc, le soir, au moment de se reposer. Elle reprend sa marche, vers le port.

Publié dans mes textes courts

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article